Le cinéma Royer


La Seconde Guerre mondiale terminée, les Angoulinois accèdent au plaisir du cinéma. En novembre 1945, le conseil municipal décide la construction d’une nouvelle salle des fêtes, un baraquement en bois situé dans le parc. La « grange », comme l’appelle les Angoulinois, est rapidement bâtie. Dès avril 1946, un certain monsieur Soulier s’y installe et diffuse des films le samedi et le dimanche moyennant une redevance payée à la commune. Cette concession est ensuite reprise par Henri Royer jusqu’en 1962.

Sur cette carte postale (vers 1955), on aperçoit à gauche la salle des fêtes en bois. Collection privée

En effet, à cette date, il s’installe dans un long bâtiment construit en 1740, annexe d’une belle maison du bourg, juste en face de la place de l’église. Ce bâtiment appartient à la famille Guichard, plus précisément à Martine et à son époux, Guy Royer, fils d’Henri. Naturellement, l’exploitation en revient à Henri, aidé par sa seconde épouse, Marie. Le cinéma prend le nom d’Atlantic Ciné.

En 1964, le long bâtiment qui abrite le cinéma. Source Géoportail

La capacité de cette salle est d’environ 265 places, ce qui est conséquent pour un cinéma de village. Elle est tellement grande qu’elle servait aussi pour les mariages et les communions.
Les séances se tiennent le mercredi soir, le samedi soir et le dimanche après-midi. Les films sont diffusés sur pellicule 16 mm, la norme d’autres cinémas étant le plus souvent 35 mm. Ils sont sortis il y a belle lurette. Pour l’exclusivité, il faudra repasser, mais pour le coût de diffusion, c’est rentable.

Années 1960. Affiche de présentation du film. Collection Paul Roy
Les places étaient attribuées avant le début de la séance à l’aide de ce document. Malgré son nom (Lunik), la configuration est bien celle du cinéma d’Angoulins. Collection Paul Roy

Le cinéma affiche complet à chaque diffusion, mais l’arrivée de la télévision dans les maisons provoque bientôt son rapide déclin. Les décès de Guy et de son père la même année 1967 provoquent la fermeture du cinéma. En 1973, Martine vend une centaine de sièges en bois à la mairie pour équiper une salle de réunion. Quelques vestiges demeurent, le lieu reste un terrain d’aventures pour les filles de Martine et les petits cousins.

En 2011, la maison principale et le cinéma sont vendus. En décembre de la même année, au grand désespoir de la famille, tant il y a de bons souvenirs dans ces lieux, le long bâtiment est rasé et va bientôt laisser place à une résidence et ses garages.


Un grand merci à ma cousine Martine pour m’avoir raconté cette histoire, sa fille Véronique et mon frère Frédéric pour les photos illustrant ce texte.


Entrée de l'ancien cinéma
L’entrée du cinéma. Photo Frédéric Charpentier
Façade du cinéma côté est. Photo Frédéric Charpentier
Vestiges de sièges des spectateurs. Photo Frédéric Charpentier
Le cinéma adossé à la maison des Guichard. Photo Véronique Royer
Destruction en cours, vue du nord. Photo Véronique Royer
Destruction en cours, vue du sud. Photo Véronique Royer
Le passé s’est évaporé ! Photo Véronique Royer
Le cinéma était situé à partir du dernier garage, le long de la grande maison.
Source Google Maps
Le cinéma se situait entre le dernier de ces garages et la maison à droite.
Photo personnelle

Documentation
Histoire du cinéma : ma cousine Martine Royer
Photos : ma cousine Véronique Royer, mon frère Frédéric Charpentier
Collection Paul Roy
Géoportail et Google Maps