La Seconde Guerre mondiale terminée, les Angoulinois accèdent au plaisir du cinéma. En novembre 1945, le conseil municipal décide la construction d’une nouvelle salle des fêtes, un baraquement en bois situé dans le parc. La « grange », comme l’appelle les Angoulinois, est rapidement bâtie. Dès avril 1946, un certain monsieur Soulier s’y installe et diffuse des films le samedi et le dimanche moyennant une redevance payée à la commune. Cette concession est ensuite reprise par Henri Royer jusqu’en 1962.

En effet, à cette date, il s’installe dans un long bâtiment construit en 1740, annexe d’une belle maison du bourg, juste en face de la place de l’église. Ce bâtiment appartient à la famille Guichard, plus précisément à Martine et à son époux, Guy Royer, fils d’Henri. Naturellement, l’exploitation en revient à Henri, aidé par sa seconde épouse, Marie. Le cinéma prend le nom d’Atlantic Ciné.

La capacité de cette salle est d’environ 265 places, ce qui est conséquent pour un cinéma de village. Elle est tellement grande qu’elle servait aussi pour les mariages et les communions.
Les séances se tiennent le mercredi soir, le samedi soir et le dimanche après-midi. Les films sont diffusés sur pellicule 16 mm, la norme d’autres cinémas étant le plus souvent 35 mm. Ils sont sortis il y a belle lurette. Pour l’exclusivité, il faudra repasser, mais pour le coût de diffusion, c’est rentable.


Le cinéma affiche complet à chaque diffusion, mais l’arrivée de la télévision dans les maisons provoque bientôt son rapide déclin. Les décès de Guy et de son père la même année 1967 provoquent la fermeture du cinéma. En 1973, Martine vend une centaine de sièges en bois à la mairie pour équiper une salle de réunion. Quelques vestiges demeurent, le lieu reste un terrain d’aventures pour les filles de Martine et les petits cousins.
En 2011, la maison principale et le cinéma sont vendus. En décembre de la même année, au grand désespoir de la famille, tant il y a de bons souvenirs dans ces lieux, le long bâtiment est rasé et va bientôt laisser place à une résidence et ses garages.
Un grand merci à ma cousine Martine pour m’avoir raconté cette histoire, sa fille Véronique et mon frère Frédéric pour les photos illustrant ce texte.








Source Google Maps

Photo personnelle
Documentation
Histoire du cinéma : ma cousine Martine Royer
Photos : ma cousine Véronique Royer, mon frère Frédéric Charpentier
Collection Paul Roy
Géoportail et Google Maps
