Ce quartier d’Angoulins, au départ composé d’une douzaine de maisons à l’architecture balnéaire, est situé le long de l’océan, entre La Chaume et le port du Loiron. Une première villa sort de terre en 1922, mais il prend son véritable essor à partir de 1925. Un entrepreneur de maçonnerie de la Vienne, Pierre Bourdilleau, y achète son terrain et construit sa petite maison, la seconde. Elle est le début d’une longue série de chantiers confiés par de proches connaissances, voire des amis.
Cette année 2025 marque donc le réel centenaire de La Manon, d’autant plus que son baptême semble dater de 1925, soit cent ans exactement. Je vous livrerai une hypothèse à ce sujet.
À noter : les adresses des villas évoquées dans cet article sont celles d’aujourd’hui. Elles sont un repère pour celles et ceux se baladant rue du Chay et route de la Douane.


Situation de La Manon
Avant de porter ce « prénom », ces anciennes terres agricoles (champs et vignes) bordant l’océan faisaient partie du fief des Coudrans comme on peut le lire sur cette carte IGN. La Manon occupe la moitié ouest d’un triangle formé par la rue du Chay au nord, la ligne de chemins de fer et la côte.

Le terme coudran désigne un genre de goudron utilisé pour éviter le pourrissement des cordes de bateaux.
La découverte d’une nécropole gallo-romaine sur cette partie du littoral, entre les Chirats et la Chaume, rappelle l’existence d’un village côtier autour d’une église dédiée à Saint-Nazaire. L’érosion a fait disparaître toutes les traces du premier habitat de nos ancêtres Angoulinois.
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Cette vue aérienne de 1949 nous montre ces quelques villas, lovées entre le chemin du Chay et l’océan. La Manon commence à l’actuel numéro 15 de la rue du Chay pour finir en pointe à l’ouest. À cet îlot, s’ajoutent la maison bleue (villa Claudie) située en face de celle de La Cigogne (à ladite pointe), et l’hôtel de l’Atlantique. La première à être bâtie est celle des Pourpiers au numéro 41.


De La Manon partait un chemin rural côtier rejoignant La Chaume. Cependant, il n’existe aujourd’hui que sur quelques dizaines de mètres, l’érosion et l’appropriation des riverains ayant fait son œuvre.
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Tout commence en 1921
Nous sommes le 25 octobre 1921, en l’office notarial de Maître Émile Chevalier, situé au bout de la rue Gambetta, dans cette belle demeure qui était autrefois la colonie de vacances de la ville de Châtellerault.
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La vendeuse est Camille Poitu (1864-1942). Elle est âgée de 56 ans et est la veuve de Joseph Auger (1858-1911), agriculteur viticulteur, famille de négociants en vin installée au début de la rue Personnat.
Ici, au fief des Coudrans, elle est propriétaire de plusieurs belles parcelles dont elle a hérité. Pour répondre à la demande des acheteurs, elle découpe ces terres jusqu’à présent cultivées. En ce jour de signature, elle cède uniquement 350 m², à cheval sur deux références parcellaires. L’acheteur, Charles Chevy, originaire de l’Yonne, veuf, est directeur d’une laiterie à Richelieu en Indre-et-Loire.
Richelieu, en Indre-et-Loire, petite cité créée de toutes pièces par le cardinal de Louis XIII et située à seulement 18 km de Loudun, dans le département voisin de la Vienne.
Camille ne sera pas la seule propriétaire à morceler ses biens. Cette façon de faire va modeler le secteur, fait de petites parcelles aux modestes villas balnéaires.
De 1922 et 1923, Charles construit sa maison, la première de La Manon : la villa des Pourpiers. Ce nom de baptême est encore inscrit sur la façade, comme on peut le voir sur cette photo.

Les ventes de parcelles s’enchaînent
On l’a vu précédemment, le premier habitant de La Manon est originaire de Richelieu, à quelques kilomètres de Loudun. Cette proximité n’est pas fortuite. Charles Chevy connait Pierre Bourdilleau, à qui le village de La Manon doit son essor. Lequel a amené l’autre à Angoulins, bonne question ? Une certitude, en tout cas, est que Pierre a construit la petite villa de Charles.
Le coin doit plaire à notre maçon, et il y voit une opportunité de nombreux chantiers. Le 27 octobre 1924, son épouse Marie Robert et lui sont aux côtés de Camille Poitu chez Maître Chevalier. Cette seconde fois, elle leur cède 350 m² d’un terrain situé à gauche de la villa de Charles.
Quatre jours plus tard, le 31, Camille, qui commence à bien connaître le bureau du notaire, cède 350 m² (ce métrage semble être une norme !) à Armand et Léontine Fouchier. Il est aussi directeur de laiterie à Richelieu. Ce n’est pas un hasard. Une maison voit le jour au 35 rue du Chay, à côté de celle de Pierre Bourdilleau.
Pierre Bourdilleau
Ce Poitevin de 41 ans est né en 1883 à Sammarçolles, petit village à deux pas de Loudun où il demeure. Pierre s’est remarié en novembre 1919. Depuis des générations, cette famille est profondément ancrée dans cette région paisible du Haut-Poitou.
Pierre a appris le métier de maçon. Il a évolué comme contremaître d’une entreprise de Loudun, et lorsqu’il arrive à Angoulins en 1924, il est entrepreneur de maçonnerie. Il est donc bien placé pour contribuer au développement de cet écrin au bord de l’océan, au détriment cependant de nos artisans locaux.
La construction de sa villa
Elle débute en 1925. Par chance, les propriétaires actuels possèdent une photo du chantier. Comme on peut le voir, ils sont nombreux à y participer. Cette façade est tournée vers l’océan : à cette époque, la porte d’entrée ne donnait pas encore sur le chemin du Chay.

Cette photo leur a été donnée en 1986, lorsqu’ils ont acheté la maison aux héritiers de son épouse, Marie, décédée en 1946.

La maison terminée, Pierre s’installe vers 1926 à Angoulins où il possède un local pour son activité. De 1928 et 1932, il achète et vend quelques terrains aux Coudrans. Cette année-là, il acquiert avec Eugène Lisiack, futur résistant fusillé par les Allemands en 1944, une parcelle de 2425 m² tout en longueur, entre le chemin du Chay et la route de la Douane. Ils se partagent 1212,5 m² chacun. Au demi m² près !
Sur sa partie, Pierre construit une petite maison au 21 route de la Douane. En 1929, Eugène Lisiack acquiert une autre bande de terrain longeant la rue des Pois Bons et confrontant sa propre partie. Devant le notaire, il s’engage à construire une maison, ce qu’il ne fera pas, car, en 1931, il rachète le presbytère, cette grande demeure ceinte de hauts murs à droite de l’hôtel des Charentes.
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En 1953, Pierre est membre de la société de chasse d’Angoulins. Veuf depuis 30 ans, partageant sa vie entre Angoulins et la Vienne, il s’éteint à Loudun le 31 décembre 1976.
Pierre Bourdilleau, un « serial » entrepreneur à « Little Loudun »
Connaissez-vous le quartier de Little Italy à New-York ? Une communauté originaire du même coin au sein d’un — immense — village ! La similitude est flagrante à Angoulins : Pierre n’apporte pas uniquement son savoir-faire d’artisan maçon. C’est étonnant, mais les propriétaires pour lesquels il bâtit une villa sont presque tous originaires de Loudun. Un excellent promoteur dans tous les sens du terme !

Le tableau ci-dessous répertorie les constructions entreprises par Pierre Bourdilleau. D’après les témoignages recueillis, ces villas, dont certaines sont encore visibles aujourd’hui, sont bien l’œuvre de notre « serial entrepreneur ».
| Terrain acquis en | Vendu par | Acheté par | Habite à* | Adresse bâtie |
|---|---|---|---|---|
| 1921 | Camille Poitu Auger | Charles Chevy | Richelieu | 41 rue du Chay (Les Pourpiers) |
| 1923 | Victor Vincent | Louis Ferraud | La Rochelle | 43 rue du Chay (La Cigogne)** |
| 1924 | Camille Poitu Auger | Pierre Bourdilleau | Loudun | 37 rue du Chay |
| 1924 | Camille Poitu Auger | Armand Fouchier | Richelieu | 35 rue du Chay |
| 1926 | Rose Marmet & Louise Rouché | Jean Boesmier | Loudun | 29 rue du Chay (Ker Christiane) |
| 1926 | Rose Marmet & Louise Rouché | Elie Bringard | Loudun | 27 rue du Chay |
| 1926 | Camille Poitu Auger | Honoré Bichet | Loudun | 23 rue du Chay |
| 1926 | Camille Poitu Auger | Jean Roudeleux | Claunay (Loudun) | 23 rue du Chay |
| 1928 | Victor Vincent | Pierre Bourdilleau | Loudun | 21 rue de la Douane (petite maison) |
| 1933 | Suzanne Poitu Cardineau | Jean Boesmier | Loudun | Hôtel de l’Atlantique |
| 1935 | Lucien Morin | René Bercis | Azay-sur-Thouet (Deux-Sèvres) | 34 rue du Chay (villa Claudie) |
** la villa de la Cigogne est construite entre 1928 et 1930 par Charles Milaguet. Il la revend en 1945 à Maurice Roussarie. Ses descendants en sont toujours propriétaires.
Cette liste est non exhaustive, Pierre Bourdilleau a construit d’autres maisons en dehors de La Manon.


Quelle serait l’origine du nom La Manon ?
Les séances du conseil municipal sont une mine pour apprécier les changements de la commune. En 1933 et 1934, deux pétitions des habitants de La Manon — j’en parlerai plus bas — montrent que le village porte déjà ce nom.
Un acte notarié trouvé aux archives de La Rochelle donne une indication plus précise sur la date de baptême. Il est antérieur au 12 juin 1927. Cet épais document concerne l’adjudication de trente-six biens immobiliers (terrains, maisons et marais salants) par les héritiers de Dominique Ledoux, célibataire, décédé le 11 mars précédent à l’âge de 60 ans. L’article numéro 8 est un champ de 887 m² sis entre la mer et le chemin du Chay.

Dans cette mise aux enchères, on trouve aussi la belle demeure au 10 rue Gambetta, à droite de l’ancienne COOP. Elle n’a pas trouvé preneur lors de cet évènement. À noter qu’elle est aujourd’hui en vente.
L’hypothèse d’une proche de Pierre Bourdilleau
Mon idée est que ce baptême serait une décision de Pierre Bourdilleau. Très souvent, des maisons sont baptisées du prénom d’un proche, voire d’un nom composé de groupes de syllabes issus des mêmes sources, et cette alliance forme alors une dénomination harmonieuse.
Exemple, à quelques pas de La Manon, la maison de Robert Cassagnes : la villa Marbo, MAR comme son épouse Marcelle, et BO comme Bob, son surnom.
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Il m’a fallu chercher du côté de la généalogie de la famille Bourdilleau pour tenter d’y trouver une réponse. Mon hypothèse est troublante, plusieurs indices la corroborent, mais je n’ai pas eu de réponses positives de la famille, malgré quelques échanges, car cela s’est passé il y a tout juste cent ans.
Comme écrit plus haut, le baptême de La Manon coïncide avec la construction de la maison de Pierre Bourdilleau en 1925.
Le 24 août 1925, il apprend le décès d’une tante, Félicité Marie Magdelaine Guénon, prénommée en famille Madeleine. Cette très proche parente est l’épouse de son oncle, François Bourdilleau. Elle est née en mars 1850, dans le même village que le sien, à Sammarçolles, près de Loudun.
Cette mère de famille a donné naissance à sept garçons dont quatre sont décédés en très bas âge. Comme si cela ne suffisait pas, l’aînée meurt en 1915, à 36 ans, chez lui à Laleu, près de La Rochelle. L’épouse d’Auguste, son quatrième, sa cousine Angelina Bourdilleau — car elle est la sœur de Pierre — s’éteint en 1921. Elle avait à peine 31 ans.
Le destin de cette famille, et en particulier de cette mère, est tragique. Pour ma part, Pierre a voulu rendre hommage à cette parente. De la première syllabe de son prénom, MAdeleine et de la seconde de son nom, GuéNON, il a composé le nom du village : la MANON.

Cela reste une hypothèse, certes, qui se tient, mais le doute subsistera à jamais… Si vous êtes au fait d’une autre explication, je suis preneur.
Les pétitions des propriétaires et des habitants
L’installation de ces quelques maisons à l’écart du village, reliées par un chemin de terre, n’est pas sans poser de problèmes à ses habitants.
En janvier 1933, une première pétition des « propriétaires » est adressée au maire, Gustave Guichard. Deux revendications principales sont avancées : le mauvais état du chemin et le souhait de son classement au sein de la voirie communale. Trois décisions sont prises par le conseil municipal. Il propose :
- de réglementer la construction sur les chemins d’accès ; le service vicinal est chargé d’établir une assiette et de dresser un plan d’alignement qui en fixera la largeur. Le but, remettre de l’ordre après les premières constructions.
- de classer les chemins d’accès dès que le nombre de villas le justifiera.
- de venir en aide aux pétitionnaires : des galets de mer seront fournis gratuitement par les Ponts et Chaussées pour la remise en état et l’entretien des chemins. Le cantonnier municipal devra coopérer à ce travail. Le pauvre a déjà toute la commune à sa charge…
En décembre 1935, le maire annonce au conseil municipal le classement par l’administration du chemin rural reliant La Manon. Il porte le numéro 1, et de nouvelles limites sont fixées par rapport aux villas construites. Cette partie du chemin reliant le nouveau village est dénommée « chemin de La Manon », ce qui ne sera pas gravé dans le marbre, car il prendra le nom de rue du Chay à partir du passage à niveau.
La seconde pétition émane des « habitants », ce qui montre une évolution de l’occupation du village. Elle date de février 1934 et porte une revendication bien légitime : l’éclairage public. Ils demandent l’extension du réseau électrique communal existant et s’engagent à payer une partie de la consommation.
Le conseil accepte cette prolongation, la participation financière annoncée ayant emporté la décision. La commune prend à sa charge la fourniture des lampes. De plus, il prie le directeur de la compagnie de faire toute diligence pour que la ligne soit étendue et activée rapidement.

L’hôtel de l’Atlantique
Alors que ces problèmes de voirie et d’éclairage public sont la préoccupation des nouveaux habitants de La Manon, Jean Boesmier (1884-1963) et son épouse Ernestine Coiffard (1888-1962), dont la maison — la villa Ker Christiane, prénom de leur fille — est au 29 rue du Chay, achètent en janvier 1933 une bande de terrain située en face de chez eux. La venderesse est Suzanne Poitu (1869-1935), elle est mariée au maçon Jean Faustin Cardineau, issu d’une vieille famille Angoulinoise.

Sur cette parcelle de 1 930 m² qui court jusqu’à la route de la Douane, le couple confie à Pierre Bourdilleau la construction d’un petit hôtel et lui donne le nom d’Hôtel de l’Atlantique. À l’heure des nouveaux congés payés accordés en 1936, ce petit établissement de quelques chambres (8 dans les années 1960) contribue au développement touristique d’Angoulins.
En décembre 1935, la fille du couple, Giselle (1905-1992) et son époux Albert Née (1903-1987), achètent le « Café des Amis », au 13 quai Valin à La Rochelle, aujourd’hui le bar des copains « Che Popeye » (che sans z).

Après la guerre, l’urbanisation autour de l’hôtel est en marche. En septembre 1955, un accord est trouvé avec le maire Bernard Pigeonnier : Jean Boesmier cède un peu moins de 4 mètres de largeur pris sur la longueur de son terrain, entre les deux chemins du Chay et de la Douane : la petite rue de l’Atlantique est née.
Lucien Morin, grand invalide de guerre
Je souhaitais évoquer la mémoire de Lucien Morin, car il résida à La Manon de 1928 à 1957
Il est né en 1892 à Saint-Pardoux, dans les Deux-Sèvres. Jeune agriculteur, il est mobilisé en août 1914 comme soldat de deuxième classe. Lucien est blessé en octobre. Il passe dans la réserve et est maintenu sous les drapeaux jusqu’en 1919. Une commission de réforme le déclare invalide (à 50%), avec paiement d’une pension. Depuis 1918, sa hanche droite et son genou se bloquent, la marche devenant impossible. À cela s’ajoute le mal de Pott, une grave affection des vertèbres due au bacille de la tuberculose. Le début d’une vie de souffrance. Son invalidité totale est reconnue dans les années 1920.
Son médecin lui conseille alors de s’établir au bord de la mer, afin de profiter du bon air. Le 5 juin 1928, âgé de 36 ans, il achète la maison des Pourpiers, la villa de Charles Chevy. Derrière celle-ci, près de la mer, il s’installe dans une petite maison de trois pièces qu’il a probablement fait construire par Pierre Bourdilleau. Une gouvernante l’assiste dans sa vie quotidienne.
En septembre 1929, il acquiert une bande de terre de 2 200 m² située en face, partant de la rue du Chay pour rejoindre la route de la Douane. Lucien revend en octobre 1935 la maison et ce terrain à sa sœur Anne et à son époux Antonin Bercis. Sur cette parcelle, Pierre Bourdilleau leur construit une petite maison dans laquelle Lucien déménage. Celle-ci est située au 34 de la rue du Chay, l’actuelle villa Claudie.

Cette maison appartient aujourd’hui au petit-fils d’Anne et d’Antonin. Leur fille Yvette avait aussi une maison à La Manon.
Lucien peut admirer la vie extérieure sur son lit de souffrance grâce à une nouvelle petite véranda avec vue sur la mer (à l’époque). Après 35 années d’infirmité totale et de souffrances, Lucien Morin s’éteint le 8 mars 1957 et repose depuis au cimetière d’Angoulins.

Le belvédère de La Manon
Ce balcon sur l’océan, avec une vue imprenable sur les îles d’Aix, d’Oléron et le fort Boyard, est apprécié de ses visiteurs. C’est aussi une belle halte pour nos aînés de la maison de retraite Le Môle, implantée à La Manon depuis janvier 1992.

Ce projet a été concrétisé par Claude Grenier, maire d’Angoulins de 1989 à 2001. Le 8 juin 1990, le conseil municipal décide l’achat d’une petite parcelle de 238 m², au 47 rue du Chay, sur laquelle était bâtie une maison (juste en face de la rue des Pois Bons). La commune vient en effet de remporter l’adjudication du 30 mai précédent.
Le Conseil général va donner un coup de pouce financier. En automne 1991, la maison est rasée et les travaux d’aménagement, consistant à enrocher cette partie du littoral bien érodée et à construire un cheminement bétonné, sont réalisés dans l’hiver.
Ce zoom sur la toute première carte postale de cet article permet de se rendre compte de l’érosion à cet endroit.

La Manon, un quartier à préserver
Aujourd’hui bien intégré à la commune, le petit village centenaire de La Manon a conservé une identité forte avec ses jolies bâtisses de style balnéaire. Cette portion de la rue du Chay, entre les numéros 15 et 43, est l’une des plus authentiques.

Vous l’avez constaté, ces quelques villas ont une histoire, celle d’une communauté de la Vienne venue apprécier les charmes d’une vie paisible au bord de l’océan. Tout au long de mes recherches et de l’écriture de cet article, je me suis attaché à ce « Little Loudun » et ses actuels résidents.
Un projet d’élévation d’une construction, du côté de l’ancien chemin douanier, semble provoquer une certaine émotion. Sa hauteur inhabituelle tendrait à dénaturer cette partie du littoral et les maisons attenantes. À mon avis, ce n’est pas ce que souhaitent les Angoulinois. Ayons toujours en tête la reconnaissance nationale d’un village dans lequel il fait bon vivre, et sachons préserver cet atout précieux que beaucoup nous envient.

Documentation
Archives départementales de La Rochelle
Cadastre, IGN Remonter le temps, Geneanet, Wikipedia
Tous mes remerciements pour l’accueil de certains propriétaires, sans eux, cet article n’aurait pas la précision souhaitée.
Je remercie également M. Debonnet, directeur de l’EHPAD Le Môle. Il m’a gentiment présentée Madame Christiane Née veuve Bru, petite fille de Jean et Ernestine Boesmier. Ses souvenirs m’ont permis d’en savoir davantage sur l’hôtel.
