La Jeunesse Sportive Angoulinoise


La JSA est le plus ancien club sportif d’Angoulins. Des générations de footballeurs, « des p’tits drôles » jusqu’aux vétérans ont foulé la pelouse des stades des Russons (quartier Toucharé). Club centenaire, il connut dès sa création les joies de la victoire – entrecoupée par la guerre – jusqu’à son entente avec le club d’Aytré en 1963. Il faudra attendre la fin de cette décennie pour voir renaître le club sur son nouveau stade. Ce nouvel équipement, des dirigeants investis et appliqués vont permettre de renouer avec le succès et attirer toute une génération de footeux dont j’ai fait partie. Chaussez vos crampons et en avant Guingamp, euh, les Coqs Angoulinois !


Remerciements
La rédaction de cet article a été grandement facilitée par mon pote d’enfance, mon ancien capitaine des minimes / cadets, Xavier Loquet. Ancien président du club, il dispose de précieuses archives et de rares photos anciennes. Qu’il en soit vivement remercié !
Merci également à Raoul Sacré (président de 1979 à 1990) et à mon Wikipédia familial, mon cousin Raymond Normand.

Cet article est principalement centré sur la période 1921-2000.

L’écusson du centenaire de la JSA. Source page Facebook JSA

La création du club

L’écusson ci-dessus nous apprend que le club a été créé en 1921. Sportivement oui mais officiellement un peu plus tard. Les statuts ont été déposés à la Préfecture de La Rochelle et tamponnés à la date du 22 août 1923. Deux pages dûment authentifiés d’un timbre fiscal de 4 francs !

Extrait des statuts déposés à la Préfecture de la Charente-Inférieure, 22 août 1923. Collection Xavier Loquet
Journal Officiel du 31 août 1923. Source Legifrance

En 1923, on ne parle pas encore de club sportif mais d’une société, dont l’objectif (article 2) est « de pratiquer les exercices physiques ou jeux en plein air et spécialement le Foot-ball Association, et d’entretenir entre ses membres des relations d’amitié et de bonne camaraderie ». Noble objectif.
La société est baptisée Jeunesse Sportive d’Angoulins. Elle deviendra la Jeunesse Sportive Angoulinoise lors du renouveau en 1967. En parallèle de la pratique du football, d’autres activités sportives (dont le basket pendant la Seconde Guerre) ont existé mais n’ont pas laissé de traces historiques.

Le Football Association fait référence à la FFFA, Fédération Française de Football Association créée en 1919, aujourd’hui la FFF. L’association est reconnue d’utilité publique le 4 décembre 1922. Elle adopte le professionnalisme le 17 janvier 1932. Son premier président est Jules Rimet, créateur de la Coupe du Monde en 1930.
À partir des années 1920, l’essor du football français sur tout le territoire est considérable, les petits clubs essaiment un peu partout.

Les fondateurs de la société sont une bande de copains, les frères Guichard, les frères Loiseau, Lothaire, Touchet, Sichère, Boissy… Son premier président est Gustave Guichard (2ème du nom). Né en 1875 à Angoulins, Gustave est une personnalité incontournable du village. Formé au métier d’instituteur, il est le digne successeur de son père, Gustave 1er, créateur des fours à chaux et maire d’Angoulins de 1889 jusqu’à son décès en 1911.
En 1923, Gustave dirige l’entreprise familiale et assure l’intérim à la tête de la commune depuis le décès survenu en octobre du maire élu, Edouard Pigeonnier. Gustave sera élu maire entre 1932 et 1941. Il décède en 1956. Son fils André sera président du club dans les années 1960.

ℹ️ Lire aussi : les fours à chaux et la généalogie Guichard

Gustave Guichard, premier président de la JSA

Historique de la JSA

Il n’est pas aisé d’établir une chronologie précise du club car les plus anciens sont aujourd’hui disparus et les plus jeunes n’ont pas connaissance du passé. J’ai quand même quelques éléments à ma disposition, plus particulièrement sur la période couvrant le XXème siècle.

⚽️ 1921-1936, l’un des tout meilleurs clubs de la région

La création de la société de football est conditionnée à l’existence d’un endroit où pratiquer cette activité.
En 1921, les premiers joueurs à taper dans le ballon le font sur un champ situé aux Russons, le long du chemin de Toucharé, au nord de la rue de La Rochelle, actuelle avenue Edmond Grasset. Détail important, ce champ n’appartient pas à la collectivité.

1964, le stade de la JSA, entre le chemin Toucharé et l’avenue Edmond Grasset. On aperçoit une petite tribune (avec vestiaires) et plus bas la buvette, élément indispensable. En haut, la ferme Toucharé (ou de Bel Air). Image IGN Remonter le Temps

Rapidement, la JSA devient un client sérieux comparé aux autres sociétés footballistiques de notre département et au-delà.
La preuve avec cet article paru le 28 janvier 1928 dans le Réveil Populaire, journal vendéen. La JSA joue et fait match nul (1-1) contre Luçon. Cette rencontre a lieu dans le cadre du championnat de la Division d’Honneur du groupe maritime de la Ligue des Charentes. Elle fut jouée avec une correction tellement exemplaire qu’il faut en féliciter les joueurs. Le journaliste écrit qu’Angoulins possède un beau onze, très allant, une défense impeccable et un goal de classe.
La JSA s’inclinera cependant en finale de ce championnat contre Chabanais, club de Charente, sur le score de 1 à 3.

Tempérons cet enthousiasme journalistique. J’ai retrouvé un autre compte-rendu d’un match – épique – dans le journal rennais L’Ouest Éclair.
Nous sommes le 1er janvier 1929 (!) en Bretagne. Trois équipes de notre département (Saintes, Rochefort et Angoulins) rencontrent en tournoi amical des clubs bretons (Morlaix, Pontivy, Brest, Huelgoat et Locminé). L’Association Sportive Saintaise et la JSA se rencontrent. Le terrain est vaseux, nos joueurs font la grimace. Leur capitaine a pris sa valise et va faire un tour en ville ! Finalement, sept joueurs se préparent, complétés par deux autres de Rochefort. Malgré la boue et les larges vasières, le jeu reste agréable à voir. À la mi-temps, Saintes mène 3 à 2. À la reprise, un huitième joueur d’Angoulins, pris de remords, remplace un des rochefortais. Saintes ne joue plus qu’à huit, le goal s’étant retiré ! Angoulins marque sur un hors-jeu non sifflé mais encaisse deux nouveaux buts en quelques minutes. La fin du match est sifflée avant les 90 minutes réglementaires car la nuit est tombée et les joueurs ont peine à voir le ballon ! Résultat final, 5 à 3 pour Saintes.

Ce match de tournoi, un jour du nouvel an dans une contrée éloignée, ne reflète pas la qualité de l’équipe d’alors. Jouer en Bretagne avec Saintes et Rochefort montre que la JSA est un club important et renommé dans les années 1920.
Cette période est intense. Il côtoie les plus grandes équipes régionales dans les championnats de Seconde, Première Division et Division d’Honneur. Par deux fois, il a remporté le challenge de l’Hôtel de Ville de Saint-Jean-d’Angély dans un tournoi réunissant le club angérien et l’Étoile Sportive Rochelaise, tous deux de niveau excellence.

1929, la JSA d’Angoulins fait partie de l’élite régionale. L’Indépendant de La Charente-Inférieure du 3 juillet 1929. Source AD17

⚽️ 1941-1963, un nouvel âge d’or

En janvier 1941, le conseil municipal, sous la présidence du maire Paul-Bernard Pigeonnier, réfléchit au futur terrain de sports, pour le football et les activités scolaires. Car la pratique sur un terrain privé n’est pas normale, en général il appartient à la collectivité. Cette réflexion restera sans solution à cause de la guerre. Malgré tout, en plein cœur de la guerre, le stade des Russons continue de servir les exploits des joueurs de la JSA dont la société est sortie d’une léthargie de cinq années causée par l’appel sous les drapeaux en 1936 des principaux joueurs.

Deux angoulinois sont à l’origine du réveil de la belle endormie : Jean Hay et Paul Auger (1922-2008). Les Coqs Angoulinois entament dès la paix revenue une nouvelle épopée qui va les mener au firmament du football départemental. Par deux fois, en 1947 et 1948, la JSA remporte la prestigieuse coupe Aunis Saintonge.

À partir de 1956, Louis Ferrant, militaire, compagnon de la Libération et personnalité appréciée d’Angoulins, prend en charge les débutants. Mon cousin Raymond l’a eu comme entraîneur.

ℹ️ Lire aussi : Louis Ferrant

Coupe Aunis Saintonge 1947 (ou 48)
Debout, de gauche à droite : Alphonse Courteille, Jacques Roovers, Bruno Alfaré, ?, Pierre Butreau, Flores, Paul-Bernard Pigeonnier, Robert Normand, Jean Lacroix.
Accroupis, de gauche à droite : Guy Maillou, Louis Alfaré, André Boissy, Amigo, Max Barbin, Edouard Pigeonnier. Manque Arzac Thomas (cf photo ci-dessous).
Collection Xavier Loquet
Les vainqueurs, sous un autre angle !
De gauche à droite : Edouard « Chonchon » Pigeonnier, Guy Maillou, Pierre Butreau, Bruno Alfaré, Louis Alfaré, Flores, André Boissy, ?, Arzac Thomas, Max Barbin et Amigo.
Une magnifique photo de la collection Xavier Loquet
!
1947 ou 1948, vainqueurs de la coupe Aunis Saintonge. Collection Xavier Loquet

Cette glorieuse période va durer jusqu’en 1963. Un différent à propos du terrain des Russons a pour conséquence d’en priver de jouissance la JSA. Elle est sur le point de monter en division supérieure, il lui faut trouver une alliance pour poursuivre cette belle aventure. Par chance, le club d’Aytré, dans une situation opposée, le club étant relégué en division inférieure, dispose d’équipements sportifs à la hauteur. André Guichard d’Angoulins et Paul Bouyer d’Aytré scellent le mariage, l’Entente Sportive Aunisienne naît le 26 mai 1963.

La JSA, au palmarès déjà important, ne peut se satisfaire de ce départ hors de ses terres. En 1966, Paul Auger, à l’origine du renouveau de 1941 et Albertino (dit Albert) Pianazza (1938-1999) invitent les joueurs à revenir à la maison et ambitionnent un vaste recrutement (surtout chez les plus jeunes) pour assurer l’avenir du club. Ce dernier reprend vie sportivement fin 1967, début 1968.

Une petite anecdote racontée par la famille d’Albert Pianazza (1938-1999).
Dans les années 1950, il est adolescent, excellent gardien de but des coqs angoulinois. Et il a intérêt à être au meilleur de sa forme car s’il prend un but, il ne manque pas de se faire houspiller par ses parents au retour à la maison ! La gagne est synonyme de tranquillité !

La florissante entreprise familiale de maçonnerie, Pianazza et fils, acquiert en 1967 le terrain du premier stade. Albert engage l’aménagement du quartier, dénommé « lotissement des Russons », approuvé par le Préfet le 21 janvier 1968. La rue des frères Mossé est créée, hommage voté le 2 décembre 1970 par le conseil municipal. Une vingtaine de maisons vont y être construites dont celle de mes parents au 8 chemin de Toucharé.

ℹ️ Lire aussi : la famille Mossé

En octobre 1967, le conseil municipal accorde une subvention de 400 francs à la renaissante JSA. Elle avait été suspendue pour insuffisance d’activité mais son président, André Guichard (1905-1972), le fils de Gustave, présente un bilan dont les manifestations (à venir) sur le plan sportif sont dignes d’éloge. L’entente avec Aytré est rompue, elle sonne le retour au bercail.

Le propriétaire du terrain de foot, un dénommé Ariès, veut bien le mettre de nouveau à la disposition du club mais il souhaite avant tout le céder à la collectivité. Car il faut mettre un terme à cette longue et anormale occupation. La solution du rachat est une évidence. Le retour des joueurs se précisant, le maire, Albert Denis élu en 1965, négocie et met une option d’achat en octobre 1966. Mais en février suivant, le Préfet écrit qu’aucune subvention ne peut être accordée pour le financer. Devant cet écueil, l’option est annulée, le sieur Ariès a donc toute liberté de céder son bien, ce qu’il va faire (à Pianazza).

Pour assurer la continuité sportive, la commune sait qu’il lui faut trouver rapidement une alternative au stade des Russons. Depuis cette année 1966, en parallèle des négociations d’achat du terrain Ariès, la commune avait porté son intérêt sur une parcelle de terre proche du parc municipal et des écoles.
D’une superficie de 11.372 m², elle appartient à Germaine Baillot d’Etivaux (1895-1978, famille noble originaire du Limousin). Elle est la veuve d’Auguste Moinard (1878-1951), créateur de l’ancienne fabrique de lessives et produits chimiques agricoles installée rue Saint-Gilles.

ℹ️ Lire aussi : la fabrique Moinard

Vue de 1969. Les contours de la parcelle de terre achetée à la veuve Moinard. À droite, les travaux de la rue des Frères Mossé sont presque achevés. Image IGN Remonter le Temps

L’option Ariès annulée, le conseil municipal donne son accord pour acheter le bien de Germaine Moinard. Le Préfet autorise l’opération aux conditions fixées par la venderesse, à savoir un prix de vente de 90.000 francs (125.000 euros) payé en rente viagère au taux de 12,23%. Plus besoin de subvention, la dépense est étalée sur 10 ans. L’acte de cession est signé chez Maître Burgaud, notaire à Châtelaillon, le 7 décembre 1967.
Le 7 février 1968, Albert Denis annonce la bonne nouvelle au conseil municipal. Il propose de baptiser ce nouvel équipement « Stade municipal Pierre Veillat », mécène de la JSA.

Le legs de Pierre Veillat

Pierre Joseph Louis Veillat naît à Paris le 28 septembre 1892. Il se forme à la mécanique et exerce ce métier dans la première escadrille de sous-marins de la Manche basée à Cherbourg. En 1917, il se marie à Paris avec Jeanne Lidor. Ils divorcent en 1921. Nouvelle union en 1937 à Paris avec Léontine Tellier. Le marié habite déjà Angoulins, il est mécanicien dans la Marine Marchande à La Pallice. Nouveau divorce en 1946. Jamais deux sans trois, il prend pour épouse le 27 novembre 1946 à la mairie d’Angoulins, la vendéenne Lucie Garnireau (1895-1949), receveuse des Postes et Télégraphes. Au décès de Lucie, Pierre est chef de service à la compagnie Delmas au port de La Pallice, où travaillait mon grand-père Fernand Mousse à cette époque.

Pierre décède le 25 janvier 1951 à La Rochelle, sans postérité (il est inhumé à Niort). Son testament indique deux legs au profit de Léontine (sa seconde ex-épouse) et de la commune d’Angoulins, « à charge pour elle d’en faire bénéficier la JSA dans la plus large mesure possible ».
À l’actif de cette donation, une maison sise à Paray-Vieille-Poste, à côté d’Orly dans l’Essonne, revendue au profit de la commune pour la JSA. Une deuxième, celle d’Angoulins, rue Personnat, aujourd’hui disparue lors de l’aménagement de la place des Golènes. S’y ajoutent également des biens mobiliers, mais aussi des dettes importantes qu’il a fallut rembourser.
Sans compter la maison de l’Essonne, Pierre laisse un actif net d’environ 250.000 francs (6.000 euros) au seul profit de la commune. Le 16 avril 1952, le conseil municipal accepte définitivement le legs.

La maison de la rue Personnat sera remise en état par la commune et louée à un joueur. Le produit du loyer est affecté aux recettes de la JSA.
Il faut attendre la fin des années 1960 pour clôturer définitivement les comptes du legs.

Deux familles différentes
Il existe une autre famille Veillat à Angoulins. Eulalie Veillat (1850-1917) dont les ascendants sont vendéens fut l’épouse de Gustave Guichard 1er. Les parents de Gustave II, premier président de la JSA. La famille de Pierre Veillat est originaire du centre de la France.

L’aménagement du nouveau terrain

Début 1970, le maire Albert Denis demande à l’Etat une étude d’aménagement. Le projet, élaboré par le Service Départemental de la Jeunesse et des Sports, est présenté au conseil du 11 mars 1970. Il est prévu :
• Un terrain de football de 60 x 100 m ;
• Une piste de vitesse de 100 m comprenant 6 couloirs ;
• Un sautoir de 7,50 m x 7 m ;
• Une aire d’élan semi-circulaire pour le saut en hauteur ;
• Une surface bitumée de 36 x 44 m pouvant être utilisée pour un terrain de hand-ball, de basket, et de volley-ball. Deux courts de tennis ;
• Un lançoir de poids collectif ;
• Un mât portique pour le grimper.
Bref, de quoi organiser les prochains mondiaux d’athlétisme !

Sagement, le maire propose dans un premier stade (sic) d’aménagement de faire poser une clôture par l’ouvrier d’entretien, ce que le conseil accepte. J’en suis témoin, je peux vous dire que seul le terrain de foot sera aménagé…
Un wagon sert de vestiaires. Des solides en parpaings sont construits en 1976. Il faut attendre 1978 pour fouler la surface bitumée (à côté du pole médical actuel). Un éclairage est installé, la pelouse est rénovée par les membres du club. Raoul Sacré, président de 1978 à 1990, creuse un puits pour les besoins des vestiaires. Il installe un tuyau dans la partie creuse des barrières métalliques entourant le stade pour arroser les parties éloignées de la pelouse. Astucieux !
Notez qu’il existe dans le parc depuis 1970, un petit bâtiment préfabriqué, le foyer associatif (aujourd’hui le terrain de basket à côté de l’école maternelle) dont certains jeunes angoulinois ont participé à la construction. La JSA avait ses bureaux au sein de ce foyer jusqu’à sa destruction en 1990.

Ce foyer associatif doit son existence à un plan gouvernemental appelé « Mille clubs de jeunes » lancé en 1967 par le ministre de la Jeunesse et des Sports, François Missoffe (1919-2003). Deux entreprises sont chargées de la fabrication, dont la SEAL (Société d’Exploitation des Alliages Légers) possède une usine à Aytré tout près d’Alstom. Le foyer d’Angoulins était un prototype créé à l’occasion du concours lancé par le gouvernement mais il n’a pas été retenu pour la production en série. Un modèle au design unique avec ses nombreuses surfaces vitrées, sa structure en 5 parties et son toit ondulé tout blanc (cf photo ci-dessous).
Merci Raymond pour cette information !

ℹ️ Pour en savoir plus sur la saga des mille clubs, c’est ici.
1978, une vue aérienne du stade après aménagement. Image IGN Remonter le Temps
Une vue de 1977 plus proche. La salle des fêtes à gauche (elle finira en fumée quelques mois plus tard), le foyer des jeunes et l’école maternelle. Image IGN Remonter le temps
Août 1979, le terrain de football vu de la fenêtre de ma chambre. Juste un chemin à traverser pour taper dans le ballon ! Remarquez le parc municipal bien plus dense qu’aujourd’hui. Photo personnelle
La même vue en 2023 ! Photo Frédéric Charpentier (merci frangin !)

Un troisième terrain !
Dans les années 1970, existait un autre (petit) stade, route des marais. Il servait aux poussins. Aujourd’hui, des jardins partagés ont pris sa place, tout à côté de la salle polyvalente Louis Ferrant.

⚽️ 1974/1979, mes années à la JSA

Le renouveau de la JSA en ce début des années 1970 s’accompagne de l’arrivée de nouveaux dirigeants, dont Robert Cassagnes (1924-2021). Militaire à la retraite, il fut le secrétaire de la JSA de 1974 à 1992. Fonction qu’il assurait en parallèle de celle de maire d’Angoulins entre 1983 et 1989 !
Mes parents m’ont inscrit au club à la rentrée 1974. Les équipements étaient gérés par Robert, je me souviens quand j’allais chez lui, rue du Chay, il fallait choisir la bonne taille du maillot, du short et des chaussettes (qui montaient largement au dessus des genoux !). Et l’odeur du cuir neuf des chaussures à crampons dévissables Adidas ! Et oui, pas de Décathlon à l’époque !

Robert Cassagne, présent au jubilé de la JSA le 26 juin 2004. Photo personnelle
Xavier a conservé les cahiers de suivi de Robert Cassagnes (de 1977 à 1992, comptabilité, courriers, matchs, joueurs). Quinze années d’une gestion rigoureuse et impeccable ! Photo personnelle

L’équipe dirigeante de cette décennie 1970 se compose d’un noyau dur assidu, messieurs Robert Bouëdec, Yves Mémoire, Guy Nadeau, Willy Drouet, André Loget, Jean-Claude Pressac, Pierre Roy, Edouard Pigeonnier, Jacques Roovers, Raoul Sacré et Philippe Millet.
Le club a l’obligation d’avoir un arbitre attitré. Joël Murail officiera à cette fonction pendant quelques années.

Ma licence en 1979-1980. Merci de me contacter si vous avez retrouvé mes cheveux ! Photo personnelle

Prenons la saison 1978/1979. Les effectifs sont fournis (130 joueurs) : les plus petits sont intégrés à l’école de football. Il y a deux équipes de poussins, une de pupilles, minimes et cadets. Et deux équipes de séniors ! Cette année-là, mon équipe de cadets est championne départementale.
Cette saison est le reflet de cette belle période de la JSA, entre 1970 et 1990. Années prolifiques en terme de recrutements (jusqu’à 150 adhérents), d’équipes engagées dans les différentes catégories et championnats. Les adultes encadrants sont très présents, les bénévoles sont plus nombreux qu’aujourd’hui.

L’équipe sénior en avril 1981. Robert Cassagnes est tout à gauche. Une performante équipe grâce au renfort de joueurs venus de communes voisines sous l’impulsion de leur entraîneur, Ababacar Diop (manteau crème). Collection Xavier Loquet (4ème debout à partir de la droite)
Octobre 1987. Encore une belle équipe, avec certains de mes potes de terrain, Philippe Bonhomme (goal), à sa gauche mon copain d’enfance Michel Besson, Fabrice Poiraudeau au style élégant (maillot sur le short), Xavier Loquet, toujours impeccable et rassurant en défense centrale. Un pilier de la JSA, Manu Mendès (2ème accroupi à partir de la gauche, entré comme débutant et toujours à la JSA en 2023 !). À gauche du goal, le président Raoul Sacré. Collection Xavier Loquet

⚽️ La JSA aujourd’hui

Cet article serait trop long s’il fallait évoquer toute l’histoire de la JSA. Aujourd’hui, la pratique du football n’est pas aussi prégnante chez nos jeunes que par le passé. Il existe une offre sportive tellement variée que la baisse des effectifs a été sensible les années passées. Mais globalement, la JSA s’en sort correctement, les effectifs évoluent en dent de scie mais l’engouement est toujours présent.

Pour exister et faire vivre les équipes, des alliances se sont nouées entre les villages. Pour certaines catégories (les plus jeunes), Angoulins s’est alliée – brièvement – en 2013 avec les clubs des Boucholeurs et d’Yves.

Les catégories d’âge ont évolué. Elles sont maintenant référencées par la lettre U (under en anglais, en dessous de) et l’âge des pratiquants. Le foot se joue à 5, 8 ou 11, sur un quart de terrain jusqu’à la surface totale pour les plus grands. Les plus petits se rencontrent en plateau, rencontre de plusieurs équipes de différents clubs.
Les filles sont aussi plus présentes dans les clubs. Elles représentent 10% des licenciés des 14.000 clubs existants en France. La JSA a une équipe féminine en partenariat avec Périgny.

La FFF est la première fédération sportive de France avec plus de 2 millions de licencié-e-s. Le football a encore de beaux jours devant lui, porté par les bonnes performances de l’équipe nationale.
De quoi être confiant dans l’avenir de la centenaire Jeunesse Sportive Angoulinoise !


Les présidents de la JSA

PériodeNom du président
1921-1936Gustave Guichard (1875-1951)
1941-1959Paul Bernard Pigeonnier
1959-1963Édouard Pigeonnier
1963-1972*André Guichard
1972-1977Paul Auger
1977-1979Édouard Pigeonnier
1979-1990Raoul Sacré
1990-1996Philippe Millet
1996-2004Xavier Loquet
2004-2023Huit présidents, le dernier en date est Rudy Clerc.
* Dont 5 années d’inactivité pendant l’entente avec Aytré.
Les dates indiquées entre 1941 et 1963 ne sont pas précises, merci de votre indulgence !

Le palmarès de la JSA

Saison sportivePalmarès connu
1921Finaliste de la Seconde Division Départementale
1922Finaliste de la Première Division Départementale
1923Montée en Promotion d’Honneur
1923-1930Maintien en Promotion et Division d’Honneur
1931 et 1932Gagnante du challenge de l’Hôtel de Ville de Saint-Jean-d’Angély
Jusqu’en 1936Joue en Division d’Honneur
1943Montée en Seconde Division Départementale
1945-1946Demi finaliste de la Coupe Aunis Saintonge (appelée Servan-Sports)
1947Vainqueurs de la Coupe Aunis Saintonge
1948Vainqueurs de la Coupe Aunis Saintonge
1949-1950Montée en Première Division Départementale
1979Vainqueur du championnat cadet !
1988Montée de l’équipe 1 en Promotion de 1ère Division
1990Vainqueurs de la Coupe Aunis Saintonge
Le palmarès est certainement incomplet, il est très difficile de trouver l’information.

Documentation
Collection Xavier Loquet
Archives Départementales 17
Délibérations du conseil municipal (archives de la mairie)
Gallica, Généanet, IGN Remonter le Temps